Le deuxième baromètre paneuropéen montre que les Directeurs des Ressources Humaines font face à plus de défis qu’auparavant
Bruxelles – Une étude conçue et menée par Hewitt Associates, société globale de services pour les ressources humaines, pour le Club Européen pour les ressources humaines (EChr) révèle que les RH prennent de plus en plus d’importance dans les grandes entreprises européennes, modifiant par ailleurs la façon dont elles offrent leurs services à l’organisation.
Priorités et objectifs des RH
L’étude montre que 7 des 10 participants croient que changer la façon dont les RH délivrent leurs services est le problème RH le plus important que leur organisation doive aborder en 2007, suivi par la nécessité d’améliorer la rétention des talents. Ces deux priorités indiquent un besoin de modernisation dans les politiques RH, comme dans le système permettant de délivrer leurs services. En bas de la liste des priorités RH, on trouve le développement des politiques de gestion des risques sur les problèmes du personnel.
Supporter l’efficacité de l’organisation est aujourd’hui l’objectif principal des directeurs RH, avec la gestion du changement, ainsi que l’attraction et la rétention des talents comme leviers principaux pour 6 participants sur 10. La gestion du coût du travail et l’administration du personnel reçoivent une moindre attention. Ils sont identifiés comme objectifs prioritaires dans moins de 10% des organisations participantes.
Ces résultats semblent mettre en évidence un changement dans la focalisation des RH, avec des objectifs qui sont de plus en plus liés à l’efficacité de l’organisation et à des soucis stratégiques, bien au delà de considérations à court terme de coût et d’administration.
La satisfaction au travail dans les RH
L’étude révèle aussi un haut niveau de satisfaction des directeurs RH dans leur travail, une loyauté envers leurs employeurs et une confiance envers leur CEO. 74% des participants ont indiqué qu’ils aiment leur société et leur poste, alors que seulement 4% aimerait quitter les RH et passer à d’autres fonctions. 13% aimeraient rester dans les RH, mais dans une autre société.
« Le baromètre cette année met en évidence une plus grande focalisation des RH et une volonté de contribuer directement à la résolution des impératifs business. Le haut niveau de confiance exprimé par les directeurs RH, aussi bien envers leur CEO, que les salariés de l’organisation, est un point de départ idéal pour faire avancer le processus de transformation des RH en Europe. Les conditions pour un changement définitif des RH sont maintenant là pour faire evoluer les RH d’un centre de coûts administratifs vers un rôle stratégique visant à améliorer les performances dans l’organisation. Toutefois, les RH ont encore du mal à intégrer les divers aspects des leurs activités dans un modèle qui combine à la fois les besoins financiers, et ceux des salariés. Le pouvoir limité qu’ont les professionnels RH pour s’adapter aux attentes des salariés, augmente le risque qu’ils ne parviennent pas à prendre en compte correctement le changement des modèles culturels, des attitudes et des comportements au travail.
Par ailleurs, la non reconnaissance de la planification des effectifs comme une priorité pourrait limiter la capacité des RH à anticiper et aligner les développements futurs du business avec les facteurs démographiques intérieurs et extérieurs ». commente Leonardo Sforza, chef des affaires et de la recherche UE chez Hewitt Associates et président du comité scientifique d’EChr.
En ligne avec le Baromètre RH de l’année passée, la gestion des talents continue à être l’activité RH avec l’impact le plus élevé sur la performance business. Les participants à l’enquête attendent une attention encore plus grande portée sur la gestion des talents dans les trois prochaines années, reflétant l’importance croissante du développement et de la rétention des employés pour le succès à long terme de l’entreprise.
Le point de vue des RH sur l’impact de l’Union Européenne
La plupart des participants (53%) ont une opinion positive sur l’impact de l’Union Européenne, 37% pensent que l’impact est neutre, et seulement 10% pensent qu’il est négatif. L’impact est perçu plus positif sur l’économie du pays (58%) et sur la société (54%), alors qu’il est considéré moins évident sur les participants mêmes (48%).
Les domaines dans lesquels l’intervention de l’Union Européenne est souhaité touchent principalement à l’élimination des dispositions légales rigides relatives au licenciement, ainsi qu’aux mesures qui protègent la sécurité financière des salariés licenciés. La mobilité des employés est l’autre domaine où l’on s’attend à ce que l’UE joue un rôle important. L’abolition des restrictions sur le marché du travail pour des groupes sélectionnés de gens provenant de pays hors l’UE emporte le soutien de 71% des participants, alors que 75% s’opposent à un accès totalement libéralisé du marché du travail par les pays hors l’UE.
Du côté des opérations business, l’élimination des barrières nationales qui empêchent les fusions et acquisitions transfrontalières est supportée par 67%. Les participants sont divisés sur l’accès au marché du travail des citoyens des nouveaux pays membres UE : 49% sont contre toute restriction, 39% sont favorables à leur maintien.
« Le jugement positif et le support offert par les directeurs RH au projet d’intégration de l’UE, mais pas aux Institutions Européennes, montre que l’UE a besoin de mieux répondre aux leaders du business et aux attentes des personnes, s’ils souhaitent réduire les problèmes de crédibilité qui apparaissent à travers l’enquête », termine Leonardo Sforza.